Japon : nouvel échec du lanceur H3, un précieux satellite perdu
Japon : nouvel échec du lanceur H3, un précieux satellite perdu
© JAXA

publié le 22 décembre 2025 à 14:25

600 mots

Japon : nouvel échec du lanceur H3, un précieux satellite perdu

Cette nuit, le lancement de la fusée H-3 de MHI avec à bord le satellite de navigation japonais Michibiki-5 s’est soldé par un échec. Une lourde perte au mauvais moment.


Plusieurs fois reporté, le décollage a eu lieu dans la nuit du 21 au 22 décembre à 02 h 51 heure de Paris. La fusée H-3 a correctement décollé du Tanegashima Space Center et l’étage a correctement fonctionné. Le problème vient de l’étage supérieur.

D’après les informations partagées par le communiqué de presse de l’agence spatiale japonaise (JAXA) et en conférence de presse post-lancement, la première mise à feu du moteur a duré 27 secondes de trop. La seconde mise à feu du moteur, assurant la manœuvre d’insertion en orbite avant la séparation du satellite, a également été retardée de 15 secondes et s’est instantanément arrêtée. La télémétrie indique que la pression dans le réservoir d’hydrogène liquide avait commencé à baisser après la première mise à feu. Le satellite n’a pas pu être mis sur la bonne orbite. Du fait d’un périgée trop important, il devrait brûler dans l’atmosphère après quelques tours d’orbite.

Le Japon de nouveau sans lanceur

La JAXA a ouvert une enquête. Le temps de déterminer les causes du problème, la fusée H-3 développée par MHI va rester clouée au sol. La petite fusée Epsilon étant dans le même état depuis plusieurs années, la JAXA se retrouve de nouveau sans lanceur. L’avenir de la H-3 s’annonce délicat, avec un compteur qui affiche deux échecs en sept vols. Le premier échec a eu lieu en mars 2023, également à cause d’une défaillance du second étage.

L’échec va donc retarder les lancements ultérieurs de la H-3, dont le manifeste est bien rempli. Un autre satellite stratégique de navigation Michibiki est attendu. On aurait également pu compter sur l’envoi dès que possible d’un cargo HTV-X pour ravitailler l’ISS alors que la Russie n’a pour le moment plus la capacité de le faire avec son cargo Progress depuis que le pas de tir Soyouz de Baïkonour a été endommagé. Le vol qui ne peut attendre est celui de la sonde MMX (Mars Moons Explorer) de la Jaxa, à destination des lunes martiennes Phobos et Deimos et qui doit emporter le rover franco-allemand Idéfix. Le premier échec d’H3 avait participé au report du tir de MMX, initialement prévu en 2024, à la fenêtre de tir suivante en 2026 (la fenêtre ne dure que quelques semaines tous les 26 mois). H-3 doit également emporter la sonde indo-japonaise LUPEX (Chandrayaan-5) en 2028.

Mauvais timing

En 2023, le Japon avait perdu un précieux satellite militaire de reconnaissance (ALOS-3). Le gouvernement japonais avait été critiqué de toute part pour avoir risqué un satellite stratégique de 280 M$ sur un vol inaugural. Fait très rare, cela avait même été critiqué par l’ancien astronaute astronaute de la Jaxa Soichi Noguchi.

Cette fois-ci, le Japon perd un précieux satellite de navigation QZS, Michibiki-5. Le réseau vient renforcer la précision du réseau GPS américain au Japon et dans l’Asie Pacifique. La bonne santé du réseau est par conséquent menacée à moyen terme alors qu’il est indispensable depuis le regain des tensions entre la Chine et le Japon. Pour rappel, la première ministre du Japon Sanae Takaichi avait évoqué le 7 octobre la possibilité d’une intervention armée en cas d’invasion chinoise de Taïwan, ce qui avait provoqué la colère de Pékin. Depuis, le Japon a renforcé ses positions de défense anti-aérienne sur l’île de Yonaguni, la plus proche de Taïwan.

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22/12/2025 14:25
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Japon : nouvel échec du lanceur H3, un précieux satellite perdu

Cette nuit, le lancement de la fusée H-3 de MHI avec à bord le satellite de navigation japonais Michibiki-5 s’est soldé par un échec. Une lourde perte au mauvais moment.

Japon : nouvel échec du lanceur H3, un précieux satellite perdu
Japon : nouvel échec du lanceur H3, un précieux satellite perdu

Plusieurs fois reporté, le décollage a eu lieu dans la nuit du 21 au 22 décembre à 02 h 51 heure de Paris. La fusée H-3 a correctement décollé du Tanegashima Space Center et l’étage a correctement fonctionné. Le problème vient de l’étage supérieur.

D’après les informations partagées par le communiqué de presse de l’agence spatiale japonaise (JAXA) et en conférence de presse post-lancement, la première mise à feu du moteur a duré 27 secondes de trop. La seconde mise à feu du moteur, assurant la manœuvre d’insertion en orbite avant la séparation du satellite, a également été retardée de 15 secondes et s’est instantanément arrêtée. La télémétrie indique que la pression dans le réservoir d’hydrogène liquide avait commencé à baisser après la première mise à feu. Le satellite n’a pas pu être mis sur la bonne orbite. Du fait d’un périgée trop important, il devrait brûler dans l’atmosphère après quelques tours d’orbite.

Le Japon de nouveau sans lanceur

La JAXA a ouvert une enquête. Le temps de déterminer les causes du problème, la fusée H-3 développée par MHI va rester clouée au sol. La petite fusée Epsilon étant dans le même état depuis plusieurs années, la JAXA se retrouve de nouveau sans lanceur. L’avenir de la H-3 s’annonce délicat, avec un compteur qui affiche deux échecs en sept vols. Le premier échec a eu lieu en mars 2023, également à cause d’une défaillance du second étage.

L’échec va donc retarder les lancements ultérieurs de la H-3, dont le manifeste est bien rempli. Un autre satellite stratégique de navigation Michibiki est attendu. On aurait également pu compter sur l’envoi dès que possible d’un cargo HTV-X pour ravitailler l’ISS alors que la Russie n’a pour le moment plus la capacité de le faire avec son cargo Progress depuis que le pas de tir Soyouz de Baïkonour a été endommagé. Le vol qui ne peut attendre est celui de la sonde MMX (Mars Moons Explorer) de la Jaxa, à destination des lunes martiennes Phobos et Deimos et qui doit emporter le rover franco-allemand Idéfix. Le premier échec d’H3 avait participé au report du tir de MMX, initialement prévu en 2024, à la fenêtre de tir suivante en 2026 (la fenêtre ne dure que quelques semaines tous les 26 mois). H-3 doit également emporter la sonde indo-japonaise LUPEX (Chandrayaan-5) en 2028.

Mauvais timing

En 2023, le Japon avait perdu un précieux satellite militaire de reconnaissance (ALOS-3). Le gouvernement japonais avait été critiqué de toute part pour avoir risqué un satellite stratégique de 280 M$ sur un vol inaugural. Fait très rare, cela avait même été critiqué par l’ancien astronaute astronaute de la Jaxa Soichi Noguchi.

Cette fois-ci, le Japon perd un précieux satellite de navigation QZS, Michibiki-5. Le réseau vient renforcer la précision du réseau GPS américain au Japon et dans l’Asie Pacifique. La bonne santé du réseau est par conséquent menacée à moyen terme alors qu’il est indispensable depuis le regain des tensions entre la Chine et le Japon. Pour rappel, la première ministre du Japon Sanae Takaichi avait évoqué le 7 octobre la possibilité d’une intervention armée en cas d’invasion chinoise de Taïwan, ce qui avait provoqué la colère de Pékin. Depuis, le Japon a renforcé ses positions de défense anti-aérienne sur l’île de Yonaguni, la plus proche de Taïwan.



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