Les lanceurs indiens en pleine série noire. Le PSLV (Polar Space Launch Vehicle), fusée utilisée en Inde depuis 1993, connaît un nouvel échec, le deuxième consécutif. L’Inde perd un satellite d’observation de la Terre stratégique pour sa défense.
L’Inde spatiale a connu des jours meilleurs. Alors que 2026 est censée être une année de renouveau, l’agence spatiale indienne (ISRO) reste empêtrée dans le manque de fiabilité de ses vieux lanceurs. Le vol PSLV-C62 en est une nouvelle preuve.
La fusée a décollé depuis le centre spatial de Satish Dhawan ce matin à 5h 48, heure de Paris. La version DL du lanceur avec deux boosters à poudre, utilisée aujourd’hui, est spécifiquement sollicitée depuis 2019 pour l’accès à l’orbite basse héliosynchrone, idéale pour les satellites d’observation de la Terre. Jamais cette version n’avait connu d’échec. La perte des satellites est due à une anomalie de contrôle d’attitude à la fin de la mise à feu. Cette perte n’a pas pu être rattrapée par le quatrième et dernier étage.
C’est le quatrième échec en 62 vols pour le PSLV (pourtant aujourd'hui commercialisé y compris pour des clients internationaux comme Singapour), mais c’est surtout la première fois qu’on en connaît deux de suite. L’échec précédent avait fait perdre à l’Inde un satellite radar-SAR civil important. Le PSLV est un des seuls lanceurs aujourd’hui à mélanger des étages à propulsion solide et liquide. Les premier et troisième étages sont à propulsion solide. Le second est à propulsion liquide et utilise d’ailleurs un moteur Vikas, dérivé du moteur français Viking qui propulsait les fusées Ariane 1 à 4, mais fabriqué sous licence indienne. Le dernier étage est aussi à propulsion liquide.
Le principal passager était un satellite d’observation de la Terre EOS N1, un satellite de nouvelle génération hébergeant une charge utile d’imagerie hyperspectrale pour le département de la Défense. D’une résolution de 12 m et d’une fauchée de 12 km, sa résolution spectrale était de 10 à 20 nm, un outil conçu pour la surveillance militaire. Ce satellite peut servir à fournir une base de données et à faire du « Tip & Cue », c’est-à-dire identifier des zones à intérêt puis solliciter un satellite (ou un drone) pour l’étudier plus en détail. Sa perte est un coup dur pour la défense indienne, sur fonds de tensions récentes avec le Pakistan. La défense indienne est en plein réarmement mais la perte d’Anvesha risque d’avoir des conséquences sur ses capacités de renseignement.
Anvesha était accompagné par 14 autres satellites, dont une capsule spatiale éducative espagnole (KID), le satellite d’observation de la Terre thaïlandais Theos-2A, en partie développé par SSTL.
Cette architecture antique du PSLV (et du lanceur lourd GSLV) coûte cher. L’ISRO a actuellement pour charge de développer une nouvelle génération de lanceurs, mais priorise les lanceurs lourds dans le cadre de son programme de vol habité. En effet, l’ISRO vise 2026 pour un premier vol sans passagers de sa capsule Gaganyaan, suivi d’un premier vol habité en 2027. L’agence spatiale indienne a également pour but de déployer un premier module de sa station spatiale nommée Bharat d’ici 2035. Mais d’ici-là, il faudra restaurer la fiabilité des lanceurs…
Les lanceurs indiens en pleine série noire. Le PSLV (Polar Space Launch Vehicle), fusée utilisée en Inde depuis 1993, connaît un nouvel échec, le deuxième consécutif. L’Inde perd un satellite d’observation de la Terre stratégique pour sa défense.
L’Inde spatiale a connu des jours meilleurs. Alors que 2026 est censée être une année de renouveau, l’agence spatiale indienne (ISRO) reste empêtrée dans le manque de fiabilité de ses vieux lanceurs. Le vol PSLV-C62 en est une nouvelle preuve.
La fusée a décollé depuis le centre spatial de Satish Dhawan ce matin à 5h 48, heure de Paris. La version DL du lanceur avec deux boosters à poudre, utilisée aujourd’hui, est spécifiquement sollicitée depuis 2019 pour l’accès à l’orbite basse héliosynchrone, idéale pour les satellites d’observation de la Terre. Jamais cette version n’avait connu d’échec. La perte des satellites est due à une anomalie de contrôle d’attitude à la fin de la mise à feu. Cette perte n’a pas pu être rattrapée par le quatrième et dernier étage.
C’est le quatrième échec en 62 vols pour le PSLV (pourtant aujourd'hui commercialisé y compris pour des clients internationaux comme Singapour), mais c’est surtout la première fois qu’on en connaît deux de suite. L’échec précédent avait fait perdre à l’Inde un satellite radar-SAR civil important. Le PSLV est un des seuls lanceurs aujourd’hui à mélanger des étages à propulsion solide et liquide. Les premier et troisième étages sont à propulsion solide. Le second est à propulsion liquide et utilise d’ailleurs un moteur Vikas, dérivé du moteur français Viking qui propulsait les fusées Ariane 1 à 4, mais fabriqué sous licence indienne. Le dernier étage est aussi à propulsion liquide.
Le principal passager était un satellite d’observation de la Terre EOS N1, un satellite de nouvelle génération hébergeant une charge utile d’imagerie hyperspectrale pour le département de la Défense. D’une résolution de 12 m et d’une fauchée de 12 km, sa résolution spectrale était de 10 à 20 nm, un outil conçu pour la surveillance militaire. Ce satellite peut servir à fournir une base de données et à faire du « Tip & Cue », c’est-à-dire identifier des zones à intérêt puis solliciter un satellite (ou un drone) pour l’étudier plus en détail. Sa perte est un coup dur pour la défense indienne, sur fonds de tensions récentes avec le Pakistan. La défense indienne est en plein réarmement mais la perte d’Anvesha risque d’avoir des conséquences sur ses capacités de renseignement.
Anvesha était accompagné par 14 autres satellites, dont une capsule spatiale éducative espagnole (KID), le satellite d’observation de la Terre thaïlandais Theos-2A, en partie développé par SSTL.
Cette architecture antique du PSLV (et du lanceur lourd GSLV) coûte cher. L’ISRO a actuellement pour charge de développer une nouvelle génération de lanceurs, mais priorise les lanceurs lourds dans le cadre de son programme de vol habité. En effet, l’ISRO vise 2026 pour un premier vol sans passagers de sa capsule Gaganyaan, suivi d’un premier vol habité en 2027. L’agence spatiale indienne a également pour but de déployer un premier module de sa station spatiale nommée Bharat d’ici 2035. Mais d’ici-là, il faudra restaurer la fiabilité des lanceurs…
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