Porte-avions : le PANG prend forme
Porte-avions : le PANG prend forme
© REUTERS/Gonzalo Fuentes/Pool

publié le 17 mars 2026 à 16:58

808 mots

Porte-avions : le PANG prend forme

Le président de la République Emmanuel Macron se rendra à Indret le 18 mars pour découvrir le début du PANG et le baptiser. Trois catapultes, jusqu’à 40 aéronefs, et 78 000 tonnes de diplomatie doivent entrer en service en 2038.


Il l'avait promis dans ses vœux aux armées. Le président de la République s'est rendu à Indret (Loire-Atlantique), sur le site de Naval Group, pour toucher du doigt les débuts du porte-avions de nouvelle génération (PANG), un des maillons de son agenda défense de l’année 2026. Après avoir fait briller la dissuasion à l'Ile Longue début mars, il s'est immergé brièvement dans le site où Naval Group fabrique pour Technicatome les réacteurs nucléaires K22 du PANG. Dans un briefing tenu le 16 mars, l’Elysée a longuement détaillé à quoi allait ressembler ce navire de 78 000 tonnes, soit presque deux fois le tonnage du Charles de Gaulle (42 000 tonnes). Première surprise, la dotation maximale du navire ne sera pas augmentée - 40 aéronefs, tout compris - par rapport à son prédécesseur. Mais, précise l'Elysée, le PANG pourra par contre accueillir des aéronefs bien plus lourds, « européens » (et on imagine américains, Ndlr) et surtout, il pourra augmenter le tempo opérationnel, en étant capable de « simultanément catapulter et recueillir des avions ». Un atout-maître, si l'on en croit cette source.

Catapultes électromagnétiques

Les catapultes électromagnétiques EMALS (et leurs brins d'arrêt AAG) de General Atomics constituent l'essentiel de la valeur étrangère, sur une facture estimée à 10,5 milliards d'euros. Pour l'Elysée, 90% de la valeur du PANG est d'origine française. Tout dépend de la méthode de calcul, en sachant que le GICAN estimait quant à lui à 3 milliards d'euros cette même facture, en comptant à la fois les EMALS, les AAG, et évidemment, le coût des trois avions-radar E-2D acquis aussi aux USA (ils serviront déjà sur le Charles de Gaulle). Une facture estimée précisément pour... aller aux USA demander à l'industrie locale de faire travailler les industriels français. Quand la France avait acquis les trois premiers E-2C, ils avaient été plus qu'intégralement compensés dans le cadre d'un dossier géré par le Gifas (Potez y avait gagné par exemple la fabrication des empennages, un antenniste recevant quant à lui des procédés de fabrication).

L'Elysée se veut rassurant sur cette provenance non souveraine, sans s'appesantir sur les moyens de faire si d'aventure, Donald Trump ou ses successeurs voulaient créer du tracas à la France.

800 acteurs industriels

Pour l'Elysée, le message porteur, c'est celui de la BITD, qui va recevoir l'essentiel : des grands groupes (Naval Group et Framatome qui conçoivent, les Chantiers de l'Atlantique pour la fabrication à Saint-Nazaire, Dassault Aviation, Thales, MBDA). Mais aussi une myriade d'ETI et de PME (600), soit au total 800 acteurs industriels. L'essentiel (70% d'après l'Elysée) est concentré en Pays-de-Loire, dans le Var et en Ile-de-France

A notre demande, l'Elysée en a dévoilé quelques-uns, comme Arabelle Solutions, Aubert et Duval, CIMPA (Sopra Steria), ENAG, GTM Ouest, Jeumont Electric, RGI France, Selectarc, SOTECH Technologies, Thémys. Et quelques-uns à mi-chemin entre ces deux mondes, comme probablement KNDS (canons d'autoprotection), Lacroix (autodéfense), Safran ED (optronique). On peut y ajouter aussi des centres de recherches, le CNES, l'Institut national polytechnique de Toulouse, l'université de Montpellier, l'Ecole centrale de Nantes et même l'IFREMER.

C’est parti pour le futur porte-avion : Macron donne son feu vert
Voir l'article

"14 000 emplois créés"

« 14 000 emplois vont être créés » s'enthousiasme l'Elysée, précisant d'ailleurs que ce sont 8 800 emplois qui seront mobilisés au maximum en instantané durant la période.

Interrogé par Air et Cosmos sur la prolongation du Charles de Gaulle pour disposer de deux porte-avions à la mer, l'Elysée a assuré que cette option n'était pas considérée pour l'heure. Il est vrai qu'elle obligerait la Marine à trouver des moyens pour armer en RH deux groupes aéronavals et à ce stade, cela semble difficile à envisager alors même qu’elle a déjà du mal à en armer un seul - et qu’elle doit recourir à des escorteurs européens, comme l'Evertsen néerlandais, sans doute une des meilleures frégates de défense aérienne du moment au sein de l'UE. Il faudrait, en plus, que l'examen des cuves des réacteurs nucléaires lui permettent d'envisager une prolongation de 10 ans. Normalement, cette conviction doit intervenir lors du prochain arrêt technique majeur du Charles de Gaulle, en 2027-2028. Au moins 15 mois d'interruption, voire 18 mois sans doute, durant lesquels il ne faudra pas compter sur lui. Et en fait beaucoup plus longtemps, en raison du délai pour réentraîner les équipages. Le PANG, lui, doit commencer à naviguer vers 2036.

Le PANG en chiffres

  • Longueur :310 m
  • Largeur : 90 m
  • Vitesse maximum : 27 nœuds (comme le Charles de Gaulle)
  • Déplacement : 78 000 tonnes
  • 40% d'espace en plus, mais pas plus d'aéronefs que sur le Charles de Gaulle
  • Effectifs : 2000 marins pour la conduite, l'état-major et les opérations aériennes
  • Durée de vie espérée : 45 ans
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17/03/2026 16:58
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Porte-avions : le PANG prend forme

Le président de la République Emmanuel Macron se rendra à Indret le 18 mars pour découvrir le début du PANG et le baptiser. Trois catapultes, jusqu’à 40 aéronefs, et 78 000 tonnes de diplomatie doivent entrer en service en 2038.

Porte-avions : le PANG prend forme
Porte-avions : le PANG prend forme

Il l'avait promis dans ses vœux aux armées. Le président de la République s'est rendu à Indret (Loire-Atlantique), sur le site de Naval Group, pour toucher du doigt les débuts du porte-avions de nouvelle génération (PANG), un des maillons de son agenda défense de l’année 2026. Après avoir fait briller la dissuasion à l'Ile Longue début mars, il s'est immergé brièvement dans le site où Naval Group fabrique pour Technicatome les réacteurs nucléaires K22 du PANG. Dans un briefing tenu le 16 mars, l’Elysée a longuement détaillé à quoi allait ressembler ce navire de 78 000 tonnes, soit presque deux fois le tonnage du Charles de Gaulle (42 000 tonnes). Première surprise, la dotation maximale du navire ne sera pas augmentée - 40 aéronefs, tout compris - par rapport à son prédécesseur. Mais, précise l'Elysée, le PANG pourra par contre accueillir des aéronefs bien plus lourds, « européens » (et on imagine américains, Ndlr) et surtout, il pourra augmenter le tempo opérationnel, en étant capable de « simultanément catapulter et recueillir des avions ». Un atout-maître, si l'on en croit cette source.

Catapultes électromagnétiques

Les catapultes électromagnétiques EMALS (et leurs brins d'arrêt AAG) de General Atomics constituent l'essentiel de la valeur étrangère, sur une facture estimée à 10,5 milliards d'euros. Pour l'Elysée, 90% de la valeur du PANG est d'origine française. Tout dépend de la méthode de calcul, en sachant que le GICAN estimait quant à lui à 3 milliards d'euros cette même facture, en comptant à la fois les EMALS, les AAG, et évidemment, le coût des trois avions-radar E-2D acquis aussi aux USA (ils serviront déjà sur le Charles de Gaulle). Une facture estimée précisément pour... aller aux USA demander à l'industrie locale de faire travailler les industriels français. Quand la France avait acquis les trois premiers E-2C, ils avaient été plus qu'intégralement compensés dans le cadre d'un dossier géré par le Gifas (Potez y avait gagné par exemple la fabrication des empennages, un antenniste recevant quant à lui des procédés de fabrication).

L'Elysée se veut rassurant sur cette provenance non souveraine, sans s'appesantir sur les moyens de faire si d'aventure, Donald Trump ou ses successeurs voulaient créer du tracas à la France.

800 acteurs industriels

Pour l'Elysée, le message porteur, c'est celui de la BITD, qui va recevoir l'essentiel : des grands groupes (Naval Group et Framatome qui conçoivent, les Chantiers de l'Atlantique pour la fabrication à Saint-Nazaire, Dassault Aviation, Thales, MBDA). Mais aussi une myriade d'ETI et de PME (600), soit au total 800 acteurs industriels. L'essentiel (70% d'après l'Elysée) est concentré en Pays-de-Loire, dans le Var et en Ile-de-France

A notre demande, l'Elysée en a dévoilé quelques-uns, comme Arabelle Solutions, Aubert et Duval, CIMPA (Sopra Steria), ENAG, GTM Ouest, Jeumont Electric, RGI France, Selectarc, SOTECH Technologies, Thémys. Et quelques-uns à mi-chemin entre ces deux mondes, comme probablement KNDS (canons d'autoprotection), Lacroix (autodéfense), Safran ED (optronique). On peut y ajouter aussi des centres de recherches, le CNES, l'Institut national polytechnique de Toulouse, l'université de Montpellier, l'Ecole centrale de Nantes et même l'IFREMER.

C’est parti pour le futur porte-avion : Macron donne son feu vert
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"14 000 emplois créés"

« 14 000 emplois vont être créés » s'enthousiasme l'Elysée, précisant d'ailleurs que ce sont 8 800 emplois qui seront mobilisés au maximum en instantané durant la période.

Interrogé par Air et Cosmos sur la prolongation du Charles de Gaulle pour disposer de deux porte-avions à la mer, l'Elysée a assuré que cette option n'était pas considérée pour l'heure. Il est vrai qu'elle obligerait la Marine à trouver des moyens pour armer en RH deux groupes aéronavals et à ce stade, cela semble difficile à envisager alors même qu’elle a déjà du mal à en armer un seul - et qu’elle doit recourir à des escorteurs européens, comme l'Evertsen néerlandais, sans doute une des meilleures frégates de défense aérienne du moment au sein de l'UE. Il faudrait, en plus, que l'examen des cuves des réacteurs nucléaires lui permettent d'envisager une prolongation de 10 ans. Normalement, cette conviction doit intervenir lors du prochain arrêt technique majeur du Charles de Gaulle, en 2027-2028. Au moins 15 mois d'interruption, voire 18 mois sans doute, durant lesquels il ne faudra pas compter sur lui. Et en fait beaucoup plus longtemps, en raison du délai pour réentraîner les équipages. Le PANG, lui, doit commencer à naviguer vers 2036.

Le PANG en chiffres

  • Longueur :310 m
  • Largeur : 90 m
  • Vitesse maximum : 27 nœuds (comme le Charles de Gaulle)
  • Déplacement : 78 000 tonnes
  • 40% d'espace en plus, mais pas plus d'aéronefs que sur le Charles de Gaulle
  • Effectifs : 2000 marins pour la conduite, l'état-major et les opérations aériennes
  • Durée de vie espérée : 45 ans


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